coeur de dragon 1

Je m'appelle el bazi saad ,je suis au maroc et mon signe astrologique est lion qui (3ad )hi hi hi ,j'aime la nature, la lecture , le sport , l'informatique.....le monde...oui le monde. je suis un personne qui ador le monde. j'aime toute la famille mais j'aime aussi me retrouver seul ...c'est dans ces moment lـ que je cmpose avec ce site, vous me connaitrai un plus si vous lisez mes textes .ce sont tou des mots dit avec mon coeur ..........parfois farfolus , parfois sérieux . j'ai beaucoup d'imaginations . pour moi aujoued'hui .ma vie est axé sur un but ...........X???! voilـ ...merci de m'avoir la.

A table avec Nadia Yassine.

Le Journal Hebdomadaire N°238 DU 7 au 20 Janvier 2006

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Elle a proposé et insisté pour dîner à Salé chez elle, à deux pas de la prison civile. Son alibi: « je suis un régime diététique». Elle a soigneusement préparé une savoureuse salade mixte, de croustillantes lasagnes classiques - un tout petit peu salés - un flan fait maison et un thé à la menthe comme dessert. Le tout servi chaleureusement, avec un charmant sourire et un brin de causette aussi enthousiasmant que direct.

Où avez-vous passé les fêtes de fin d'année?
Chez moi à ne pas préparer de dinde et à ne pas admirer de sapin...

Alors, nous sommes en 2006, c'est l'année où la prophétie de Cheikh Yassine devrait se réaliser. Que se passera-t-il au juste?
Eh oui! c'est l'année 2006, l'année de tous les dangers et de tous les espoirs aussi. 2006 est décisive dans l'histoire du Maroc et cela sans qu'on ait besoin de prophétie. De plus, cette histoire de prophétie et les sarcasmes qui l'entourent tiennent de la caricature. D'abord, il n'a jamais été question de prophétie faite par Cheikh Yassine. Il s'agit d'une centaine de «rouaâs» faites par nos frères et sœurs. Je traduirais «rouaâs» plutôt comme rêves prémonitoires même s'il est presque impossible de traduire le langage mystique véhiculé en langue arabe. Notre culture islamique nous fait prendre très au sérieux ces rêves pour la simple raison que la prise en considération de cette dimension est recommandée par le Prophète lui-même.

Voulez-vous dire qu'il n'y a pas de prophétie de Cheikh Yassine ?
Du tout. Le Cheikh Yassine n'est pas le devin de service. Ce qu'il y a, c'est que mon père, depuis les années 1970 dans «L'islam demain», prône un projet pédagogique de retour aux sources et une redécouverte de toutes ces dimensions de l'Islam perdues en route pour une raison ou pour une autre.

Certains disent que vous faites allusion à la «qawma» (la grande marche)?
La «qawma» n'est pas une grande marche. Le concept de «qawma» a été utilisé par mon père dans sa pensée pour se démarquer du langage révolutionnaire classique qui veut que tout changement passe par la violence. La «qawma» vient du verbe «qama» qui veut dire se mettre debout. Faire une «qawma», c'est rassembler tous les efforts, réunir toutes les bonnes volontés pour construire l'avenir. Jamais il n'a été question d'un jour J, d'une action définie, d'un rendez-vous déterminé. Et pour tout vous dire, la «qawma», pour nous, a commencé il y a trente ans déjà avec la lettre ouverte «l'Islam ou le Déluge». Je rassure donc les sécuritaires, nous ne prévoyons absolument rien qui aille contre nos principes de non-violence pour 2006. Ils se trompent d'adversaires.

A ce propos, comment trouvez-vous les recommandations de l'IER qui appellent au contrôle et à la bonne gouvernance de l'appareil sécuritaire?
Au-delà de l'accueil généralement favorable qu'ont pu recueillir ces recommandations, et sans vouloir offusquer les membres de l'IER, je reste sceptique par rapport au travail d'une instance officielle, créée par le Palais afin de redorer un blason plutôt terni. Ces recommandations me font penser aux fameuses «Ahkam Soltania» de Mawardi où l'auteur présente des recommandations sans remettre en question les fondements du système autocratique qui a besoin d'une remise en cause plus sérieuse. C'est toujours caresser dans le sens du poil un animal qui a besoin d'être tenu en laisse et d'avoir une muselière.

Aucune des recommandations émises par cette instance n'a de valeur à vos yeux ?
Toutes les recommandations sont méritoires, mais nous avons tendance à oublier que tout cela fait partie d'une mise en scène. Le Maroc est piloté à vue et ce dont il a besoin n'est pas de simples recommandations mais de profondes exigences de réformes de son système de gouvernance. Le système, décidément, se garde toutes les prérogatives, même celles de se faire des recommandations.

Vous n'êtes pas du tout tendre avec le régime...
J'ai 47 ans, et je crois suffisamment connaître ce régime que j'ai fréquenté pendant presque un demi-siècle. On a donné aux Marocains trop de faux espoirs, trop de fausses promesses. On a trop fait croire à une démocratisation imminente. Mais rien ne bouge dans le fond.

Vous ne croyez pas dans le processus démocratique entamé, depuis quelques années, par la monarchie?
Je ne vois vraiment pas où est ce processus démocratique. Dans l'ouverture apparente? C'est la logique des relations internationales et la nature de la globalisation, notamment médiatique, qui a acculé Hassan II à lâcher du lest. Avec une Constitution aussi archaïque que la nôtre, il n'y a pas l'ombre d'un processus. Soyons clairs: la monarchie héréditaire telle que nous l'avons subie dans notre histoire séculaire est antinomique avec la démocratie. Si en Espagne, en Suède et ailleurs en Europe, le contexte historique national et international a permis de conjuguer la monarchie et la démocratie, je ne crois pas que nous ayons la même configuration socio-politique et nous devons guérir de nos réalités politiques qui non seulement sont structurellement inaptes à offrir des alternatives mais nous empêchent d'avancer vers l'avenir.

Quelle est votre alternative?
Je ne suis pas en train de prôner la table rase. D'ailleurs, toutes les tables rases ne sont pas toujours indiquées, surtout avec l'héritage explosif qu'est le Maroc d'aujourd'hui. Nous avons proposé le pacte islamique. La priorité des priorités, si nous voulons survivre aux défis qui nous attendent en tant que nation, sera de trouver le moyen d'éduquer le peuple à une véritable démocratie. Il est impossible de promouvoir un système démocratique dans un pays où la majorité de la population vit dans l'analphabétisme, la misère et la marginalisation totale.

A ce point?
Bien sûr. C'est insensé de demander à une personne matériellement, moralement et intellectuellement pauvre de ne pas troquer son vote contre quelques dirhams, de savoir choisir ses représentants et de trier le programme politique qui lui convient. La démocratie est faite de citoyens avertis et par les citoyens, non par d'éternels sujets sciemment tenus à l'écart de la culture politique, de la culture tout court. Nous irons mieux le jour où tous, hommes et femmes, deviendront les acteurs de notre histoire et non des moutons que l'on gouverne tous azimuts au gré des vents démagogiques.

Et ce serait la faute de la monarchie?
Je suis en train de dire que les peuples musulmans doivent se réapproprier le droit de choisir leur gouvernance. Si après avoir acquis une culture politique et avoir été sécurisés sur la liberté de leur choix, ils choisissent encore la monarchie héréditaire comme système, alors tant mieux... ou plutôt tant pis.

Quel est donc le projet politique et de société de votre mouvance Al Adl Wal lhssane et en quoi est-il meilleur que celui du système que vous êtes en train de critiquer?
Notre projet, loin d'être un projet totalitaire, est un projet où tous les marocains de toute tendance auront leur mot à dire. Nous proposons un pacte islamique, une sorte de conférence nationale qui serait basée sur le ciment le plus commun dans un pays où on s'est appliqué à encourager et à manipuler le tribalisme ou le corporatisme; ce ciment serait en l'occurrence l'islam. Nous n'avons pas de baguette magique et l'avenir ne peut être géré correctement qu'avec l'aide de tous les enfants du Maroc. Notre mouvement ne tient absolument pas à s'accaparer d'un pouvoir dans un pays où l'héritage sera amer et trop lourd à gérer. Il serait juste le garant d'une stabilité populaire et la conscience spirituelle de notre peuple. Nous ne sommes ni pour l'exclusion ni pour l'exclusivité. Nous sommes pour la multiplicité et le multipartisme, la démocratie tout simplement.

Tout cela ne fait pas forcément un projet islamiste?
Je crois qu'il y a des clichés à dépasser. Etre islamiste ne veut pas forcément dire être pour le terrorisme et le retour à des visions politiques révolues, rétrogrades et réactionnaires. Le ressourcement dans l'islam originel pousse au contraire à comprendre que le monde de Dieu est mouvant et qu'il n'y a aucun emprisonnement du politique dans des formes prédéfinies ou des choix préétablis. Je dirais même que notre approche de l'histoire des musulmans est très critique par rapport à la sacralisation du pouvoir établi par les Omeyyades. De plus, les islamistes font leur classe et l'ijtihad est constant dans ce domaine. Ce sont des islamistes qui sont au pouvoir en Turquie. Alors, dépassons les caricatures.

Est-ce que vous comptez inscrire votre projet dans le cadre de la monarchie, d'une république ou d'une khilafa islamique ?
Ce n'est pas à nous de décider pour tous. Nous sommes pour que toutes les conditions favorables à un véritable choix soient mises en route dans la non-violence. Le peuple marocain choisira. Nous ne voulons pas être khalife à la place du khalife. De plus, la khilafa est un concept pas une forme politique.

Les positions de votre mouvement intriguent Vous parlez en même temps de prophétie, visions, songes et démocratie, république, etc. Vous êtes alors un mouvement politique, une confrérie mystique ou carrément une secte?
Ni l'un ni l'autre. Notre mouvement ne peut pas être réduit à la dimension politique. Ses centres d'intérêt dépassent de loin le souci politique; notre souci, c'est l'homme et son devenir dans ce monde et dans la vie dernière Il est vrai que le politique nous intéresse dans la mesure où il est un instrument décisif dans le changement social mais nous ne convoitons absolument pas le pouvoir pour le pouvoir. Nous ne sommes pas une confrérie même si nous nous réclamons d'une certaine obédience soufie. Nous pensons que si le soufisme fut une école de la spiritualité et une nécessité au temps de la fitna, il n'en fut pas moins instrumentalisé par le pouvoir donnant ainsi raison à Karl Marx qui a écrit que la religion peut devenir un opium. Nous sommes donc plutôt les représentants d'une renaissance de la pensée musulmane et une pensée est toujours complexe.

Faites-vous allusion à la confrérie Boutchichie?
Pas forcément. Les Boutchichis, bien que tout porte à croire qu'ils soient élus pour absorber les besoins spirituels incontournables en terre d'islam. On préfère savoir la jeunesse avec les Boutchichis plutôt qu'avec Al Ad! Wal Ihsane, surtout que jusqu'à présent l'appétit politique reste limité à certains individus parmi eux.

Et que pensez-vous de cette ruée vers la confrérie du cheikh Hamza?
Je crois que c'est un signe évident qu'il y a une soif de spirituel qui reste constante dans l'histoire musulmane. Les confréries, ainsi que certains prédicateurs, offrent une appartenance BCBG qui ne coûte rien politiquement, voire qui serait rentable politiquement vu que l'assise populaire de ce mouvement est nettement plus réelle que celle des partis moribonds. Toujours est-il que je préfère largement une ruée vers un maître spirituel que vers un maître kamikaze sauf que la Boutchichya est plus éclectique que l'on ne croit. Alors, le danger reste total vu le pourcentage de l'indigence.

Pourquoi votre projet fait-il peur à beaucoup de Marocains?
Parce que la propagande bat son plein contre nous alors que nous n'avons aucun moyen de nous expliquer devant une large audience dans la mesure où nous n'avons pas de tribune dans la presse et que nous sommes harcelés par les autorités dans tout ce que nous entreprenons. De plus, l'analphabétisme politique et la terreur qui existe encore dans les esprits fait de nous des épouvantails.

Si demain vous êtes acteur majoritaire au pouvoir, prohiberez-vous la vente de l'alcool et fermerez-vous les bars?
Non

Les cabarets et les casinos?
Non plus.

Interdirez-vous les plages mixtes ?
On ne brusquera absolument rien. Il ne s'agit pas d'interdire, il s'agit de convaincre. Nous ne sommes pas des rêveurs, utopistes ou des gens bernés, comme on a tendance à nous présenter. On prendra le temps qu'il faudra pour cela. Le plus important pour nous est le libre choix et l'éducation; ce sont deux concepts fondateurs de l'Islam que nous voulons faire revivre. Le grand défi donc est de laisser les bars, les cabarets et les casinos ouverts mais que personne ne les fréquente.

Beaucoup de Marocains pensent que vous vous dites modérés, pour la démocratie, contre la violence, mais une fois le pouvoir entre vos mains, vous risquez d'imposer un mode de vie islamiste radical. D'ailleurs, votre père était toujours séduit pour le modèle iranien et la révolution de Khomeiny.
Mon père dit toujours que nous faisons nos classes et si la révolution iranienne a marqué nos esprits comme beaucoup d'esprits en ces temps-là et pas forcément islamistes, nous en tirons aussi des leçons très édifiantes. Quant à cette crainte, elle est très légitime mais il faudra, comme a dit Ghassan Salamé, faire le pari de la démocratie.

Vous en êtes où avec votre fameux projet de république marocaine?
Ecoutez, je n'ai jamais parlé de république marocaine. Cela relève de la paranoïa du Pouvoir qui m'attendait au tournant, notamment après ma visite aux USA, laquelle a dû bizarrement déranger les gardiens du temple qui voulaient maladroitement noircir mon image en faisant circuler des informations selon lesquelles j'ai des accointances avec Washington et que je suis achetée par les Américains.

Qu'en est-il alors ?
Je n'ai jamais appelé à une république pour le Maroc. Tout ce que j'ai dit, en tant qu'intellectuelle, que j'ai toujours eu une préférence pour un système républicain en parlant des républiques qui sont nées de façon naturelle, pas celles qu'on a fait naître par nécessité post-coloniale. Donc, j'ai parlé de concepts et de généralités, mais je n'ai jamais affirmé avoir un projet républicain pour les Marocains. Maintenant, si un régime républicain peut plus qu'un régime monarchique servir la démocratie au Maroc, cela ne me dérange pas du tout. J'assume totalement, même si ça va m'enfoncer encore plus lors de mon procès du 14 mars pour lequel je n'ai reçu aucune convocation officielle.

Comment appréhendez-vous justement la reprise de ce procès?
D'abord, ce procès confirme tout le cafouillage qui règne dans tous les étages du Pouvoir. Je ne comprends pas le sens de ce procès qui a été reporté sine die puis subitement repris. Après qu'on ait dit que c'est l'ambassadeur des USA à Rabat qui est intervenu en ma faveur. Si c'est le cas, ce n'est certainement pas parce que nous avons une histoire d'amour avec cette superpuissance, mais c'est une question de realpolitik. Moi, j'opterais plutôt pour une gesticulation qui n'a plus ni queue ni tête.

Vous n'avez donc pas de craintes par rapport à ce procès ?
Si, bien sûr mais c'est le prix de notre combat contre l'arbitraire. Le Makhzen est de plus en plus imprévisible, colérique et donc capable d'avoir des attitudes de fou furieux.

Mais ce Makhzen «coléreux» dont vous parlez sait pertinemment qu'il a affaire à la fille du Cheikh Yassine et son mouvement Al Ad Wal Ihsane ?
Justement, lors de mes interrogatoires au commissariat, après avoir tout fait pour m'isoler du mouvement, on a été surpris de voir que ce dernier fut solidaire jusqu'au bout. Si le doute planait pour eux à propos du premier procès, ils sont sûrs maintenant que mon procès est celui du mouvement.

Voulez-vous dire que le Pouvoir n'a pas intérêt à faire un procès à la fille de Cheikh Yassine?
Non, je décrivais un état de fait. Nadia Yassine se considère une citoyenne marocaine comme les autres et le Pouvoir sait parfaitement que le mouvement était et restera pacifique. Le combat se passe au niveau de la symbolique et c'est d'autant plus une perte pour lui. I.'image de mon bâillon a fait le tour du monde. Je trouverai autre chose...

A combien estimez-vous les adhérents d'Al Adl Wal Ihsane ?
(Rires) C'est un sujet tabou.

Pourquoi?
Nous ne sommes pas dans un pays démocratique où nous pouvons jouer la transparence jusque dans nos chiffres officiels. Les sécuritaires traquent et pistent nos militants. C'est donc de bonne guerre de garder certaines données secrètes. De plus, ça crée de l'emploi; c'est un service public que nous rendons. Il paraît que nous sommes bien infiltrés...

Si vous n'étiez pas la fille de Cheikh Yassine, vous seriez quoi?
(Rires) Je n'en sais rien, j'assume dans la modestie votre interpellation parce que mon père n'est pas seulement mon géniteur, mais aussi mon maître spirituel.

On parle de vous comme son successeur. Qu'en est-il ?
C'est de l'utopie et on ne peut pas sortir comme ça de 14 siècles d'histoire. Les gens qui font circuler cela ne sont pas réalistes. Par contre, nous le sommes. Il est vrai que nous voulons changer les choses et les faire bouger. Il est vrai aussi que la présence des femmes est très importante au sein du mouvement et que leur rôle y est très intéressant. La dynamique du changement existe, mais elle respecte la lame de fond. Et la lame de fond vient de très loin, d'une culture machiste bien ancrée dans les mentalités. Pour cela" faut pas rêver". La chefferie d'un mouvement aussi imposant, non seulement ne me dit rien mais en plus, on ne peut pas critiquer un régime héréditaire, et en même temps reproduire son mécanisme au sein de notre mouvement qui adopte un système institutionnel. La succession sera institutionnelle et collégiale.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
Zayneb, reine de Marrakech de Zakia Daoud.

Le dernier film que vous avez vu ?
La cité des anges.

TAIEB CHADI

28 janvier 2006 dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

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